23 sept. 2011

Cécile Fontaine, la jouvence de Sarkozy


Le 14 septembre, le Président de la « République irréprochable » Nicolas Sarkozy a imposé une de ses obscures collaboratrices au plus haut grade à la cour des comptes contre l’avis des magistrats de la juridiction financière administrative. Qualifié d’ « inhabituel, inconvenant et choquant » par le Président de l’association des magistrats, ce parachutage semble bien pratique à quelques mois des élections présidentielles surtout que ce derniers mois ont vu les affaires de mallettes remplies de billets refont surface

            La Cour des comptes est une juridiction financière de l'ordre administratif en France. Il lui incombe notamment de contrôler « la régularité des comptes publics » dans son sens large, ce qui englobe autant l’État que les établissements publics, les entreprises publiques, la sécurité sociales que les entités privées collaborant avec la puissance publique. Sa fonction historique consiste à s’assurer que le monarque ou chef de l’État n’abuse pas de sa position pour glaner quelques sous ici là mais également pour vérifier du bon usage des deniers publics. On voit tout de suite l’intérêt d’une telle institution et de l’indépendance de ses magistrats en démocratie. 

On a beau voir l’intérêt de la cour des comptes, le Président de la République a quand même imposé Cécile Fontaine à la Cour des comptes. Pour la forme, deux jours avant la « nomination » de l’ancienne conseillère  Défense, finances publiques et réforme de l’État (des thèmes objectivement connexes il faut l’avouer) au grade de conseiller maître, l’exécutif a demandé l’avis du Président de la cour des comptes, Didier Migaud. L’avis rendu fut défavorable. Mais comme avec le Président Sarkozy « tout devient possible », sa protégée s’est quand même retrouvée au Palais Cambon.

L’association des magistrats de la Cour des comptes ont fait savoir leur indignation face à cette pratique en expliquant qu’ 
« il est sans précédent que l’autorité de nomination passe ainsi outre à un avis négatif de la juridiction. Prononcée contre l’avis des plus hautes autorités de la Cour, cette nomination, si elle est juridiquement régulière, témoigne d’un inquiétant manquement aux principes qui régissent depuis des décennies le fonctionnement d’une juridiction indépendante ».
            Régulièrement la Cour des comptes pointe du doigt les négligences, les insuffisances et les défauts dans la gestion financière d’un gouvernement qui légitime n’importe quelle réforme par des contraintes budgétaires. Dernier cas en date, les résultats médiocres de la politique sécuritaire au regard des sommes engrangées. On comprend que le Président Nicolas Sarkozy n’ait pas vraiment envie de suivre le simple avis des magistrats en ce qui concerne la « nomination » de ses membres. 

Avec les épisodes du financement occulte de la vie politique : les mallettes bourrées de liasses provenant d’un peu partout, cette nomination fait tâche. C’est donc dans une « position délicate » que se trouve le Président Sarkozy, comme aime à l’explique l’Express (c’est pour dire !), en raison de l’affaire Bettencourt, les confidences de Michel Bonnecorse, les accusations révélées par l’affaire Takieddine. Rajoutons à ça un vent de mépris pour la Cour des comptes et son contrôle financier et le financement de la vie politique s'obscurcie.

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